` AUDIT DES PÊCHES 2019

AUDIT DES PÊCHES 2019 :

LE CANADA GÈRE-T-IL BIEN SES PÊCHES ?

Pour améliorer la santé de nos stocks et l’abondance de nos océans, il nous faut trois éléments distincts. Une approche scientifique solide, qui évalue la santé des poissons et prédit la croissance ou baisse des populations selon différentes conditions. Une surveillance efficace, qui détermine le nombre de poissons récoltés ou rejetés chaque année. Une bonne gestion, qui tient compte des données issues de la science et la surveillance afin de prendre des décisions éclairées pour les pêches : qui peut pêcher, où et quand, combien de poissons peuvent être capturés et quels engins utiliser. C’est ainsi qu’il restera suffisamment de poissons pour favoriser la santé des écosystèmes marins et garantir une pêche fructueuse à l’avenir.

Ce rapport évalue la performance du Canada via des indicateurs de bonne gestion issus des meilleures pratiques mondiales en la matière, et le cadre stratégique du MPO. Pour cette évaluation, Oceana Canada a analysé les données de 194 stocks3 publiées sur le site web du MPO, désignés sous l’appellation « stocks de référence » dans ce rapport. Pour plus de détails sur la méthodologie et l’analyse, visitez oceana.ca/FisheryAudit2019.

ÉVALUATION GÉNÉRALE :
33 STOCKS EN ÉTAT CRITIQUE, 74 INCERTAINS

En 2019, moins du tiers des stocks marins au Canada (29,4 %) peuvent être considérés en santé ; c’est moins que 2017 et 2018. Parallèlement, le nombre de stocks en état critique a augmenté jusqu’à 17 pour cent. La plupart de ces stocks sont des poissons de fond de l’Atlantique ; les crustacés en état critique ont aussi augmenté, en particulier sur la côte du Pacifique, ainsi que deux espèces de poisson fourrager, qui sont importantes pour la santé générale de l’écosystème marin.

Oceana Canada a déterminé que le MPO n'a pas assez de données pour évaluer la santé de 38,1 % des stocks ; une hausse des stocks au statut incertain par rapport aux années précédentes. Ceci signifie que les pêches sont gérées à partir d’informations incomplètes pour plus du tiers des stocks de poissons au Canada. En l’absence de données et points de référence, il s’avère impossible d’évaluer la pertinence des décisions de gestion prises par le MPO.

Zones saine, de prudence et critique

Le MPO compte trois catégories pour qualifier l’état de santé des stocks de poissons : zone saine, de prudence et critique. Elles sont définies selon le rendement maximal soutenu, soit la plus grande quantité de poissons pouvant être capturée, en théorie, sans affecter le maintien du stock à long terme.

Un stock est dans la zone saine lorsque sa biomasse dépasse 80 pour cent de la quantité supportant le rendement maximal soutenu. Lorsqu’un stock se situe dans cette zone, les décisions de gestion de la pêche visent à le maintenir à ce niveau.

Un stock est dans la zone de prudence si sa biomasse se situe entre 40 et 80 pour cent de la quantité supportant le rendement maximal soutenu. Pour les stocks dans cette zone, les taux de capture devraient être diminués afin d’éviter l’épuisement du stock et favoriser son retour à la zone saine.

Un stock est dans la zone critique lorsque sa biomasse totalise moins de 40 pour cent de la quantité équivalant au rendement maximal soutenu. Un stock dans cette zone est gravement endommagé ; les mesures de conservation sont alors cruciales.


3  La liste des stocks de référence utilisée dans l’Audit des pêches (194 stocks) a été établie pour l’Audit des pêches 2017 ; elle est fondée sur les données du rapport d'Oceana Canada, intitulé Canada's Marine Fisheries: Status, Recovery Potential and Pathways to Success, et les espèces incluses dans la première édition publique de l’Étude sur la durabilité des pêches et tout autre stock pour lesquels de nouvelles informations sont disponibles dans les rapports gouvernementaux. À des fins de comparaison annuelle, nous utilisons la liste des stocks de référence ; mais nous ajoutons à nos données les stocks qui apparaissent dans les nouveaux rapports gouvernementaux publiés chaque année. Pour plus de détails, veuillez consulter les annexes (disponibles en anglais seulement).

4  Le changement de statut du flétan du Pacifique est dû à une meilleure documentation des équivalents aux PRL et PRS pour ce stock géré conjointement par le Canada et les États-Unis, plutôt qu’une augmentation de la biomasse (même si ce stock est passé de 40 % à 43 % des niveaux non exploités).