` AUDIT DES PÊCHES 2019

UNE GESTION À L’AVEUGLETTE

Sans points de référence supérieurs (PRS), les pêches sont à la dérive

Les PRS marquent la limite entre la zone de prudence et la zone saine. Lorsque cette limite n’a pas été déterminée, la santé du stock ne peut être correctement évaluée. Ceci signifie que les gestionnaires doivent prendre des décisions sans référence quant au maintien ou au rétablissement des stocks dans la zone saine.

Un rapport du Vérificateur général a révélé en 2016 que plus de la moitié des stocks de poissons examinés n’avaient pas de points de référence. Ces constats ont amené le Vérificateur général à émettre plusieurs recommandations, que le MPO a accepté de mettre en place : notamment, l’élaboration d’un plan de travail avec priorités, objectifs et échéanciers pour l’établissement de points de référence de plusieurs stocks importants.

Pour la première fois, le MPO a élaboré un plan de travail qui comprend des PRS pour dix stocks. Ce plan comprend plusieurs espèces dont le stock est en état critique, dont la crevette nordique et le hareng du Pacifique.

Une fois ce plan de travail complété, le pourcentage de stocks ayant des PRS passerait de 46,4 % à 58,2 %. Il s’agit d’une amélioration notable ; mais il est préoccupant de constater que le plan de travail pour l’année fiscale indique un seul de ces nouveaux PRS développés à la fin de mars 2020.

Des retards de publication laissent les gestionnaires des pêches dans l’incertitude

La prise de bonnes décisions dépend entièrement de la qualité des données. Le Secrétariat canadien de consultation scientifique (SCCS) du MPO est responsable de la révision et la publication des informations scientifiques qui guident les décisions de gestion des pêches au Canada.

Au cours de la dernière année, à peine 9,2 % des documents ont été publiés selon les directives du SCCS. Un tiers a été publié en retard.6 Par ailleurs, moins de la moitié des documents qui auraient dû être publiés ont été réellement disponibles à la fin de l’année.

Il faut tout de même mentionner que le MPO a effectué sa propre évaluation interne des processus du SCCS, de mars 2018 à janvier 2019. Des pistes d'amélioration ont été identifiées, incluant l’élaboration de nouvelles procédures standardisées à l’échelle nationale d’ici décembre 2020.

Oceana Canada a émis neuf recommandations afin d’améliorer la rapidité d’obtention des informations scientifiques : notamment, le financement suffisant des services de traduction, la dotation des postes vacants au SCCS et la création d’une liste de diffusion publique qui fournirait les plus récentes publications sur une base mensuelle.

Pour consulter la liste complète des recommandations faites par Oceana Canada, veuillez visiter oceana.ca/FisheryAudit2019.


6 Les documents en retard issus des rencontres de 2017 et 2018 ont été publiés en moyenne 163 jours (minimum 1 jour ; maximum 690 jours ; médiane 113 jours) après la date où ils auraient dû être disponibles selon l’échéancier de la politique.

Crédit photo : Oceana Canada/Evermaven